(Source : kawaicandy, via coralvisions)
(Source : nananimals)
(Source : czerwiec, via bromazepam)
(Source : whitesombrero)
2009.
(Source : theirgraves, via jerebloggueledimanche)
Vendredi soir. Vendredi 18. Il est tard. La nuit. Je suis sur le sol, je convulse. Mon corps ne m’appartient plus. Tremblements de la tête aux pieds, plus rien n’a de cohérence, tout fout le camp, je ne sens plus mon corps, je ne sens plus rien, je sens tout. Tout fout le camp. Je suis hors de moi. Le flot des pensées et des sentiments se déchaîne, je n’arrive plus à réfléchir, une fois de plus tout me dépasse, tout m’échappe. Mon corps refuse de m’obéir, je suis condamnée à rester là pour toujours. Et je crie. Et personne n’entend. J’ai mal, mon corps me fait mal mais je sens que c’est bien plus profond. C’est là. Depuis longtemps. Quelque part. En moi. Quelque chose doit sortir mais je ne sais plus comment faire. J’ai chaud, je tremble, je crie encore mais toujours personne. Il n’y a personne. Il n’y a plus personne. Il n’y aura plus personne. Je suis seule. J’essaie de me soulever et d’attraper ce verre mais mon corps flanche une fois de plus. Il faut de l’air. Il me faut de l’air. Il faut ouvrir une fenêtre, faire quelque chose. Il faut de l’air. Je vais mourir. Je meurs.
Tu n’es pas là. J’appelle encore à l’aide mais il ne reste plus que le silence de la nuit dans lequel m’enfouir et disparaître. Les secondes se transforment en éternité, je meurs, maintenant j’en ai la ceritutde, je suis en train de mourir ici-même sur ce sol glacé et pourtant si brulant. Pourquoi, comment, je ne sais pas mais je meurs. Mon corps m’abandonne lâchement, mon corps ne m’écoute plus, il n’arrive plus à suivre, il ne me suit plus, je ne me suis plus non plus, ma vision se trouble, les sons se brouillent autour de moi, les objets se déforment, mes cheveux sont humides, c’est mon corps tout entier qui transpire. Lente agonie consciente et déraisonnée. Je pense à toi, je pense à tout, depuis le début. Plus rien n’est ordonné. Je pense à toi et j’essaie en vain de chercher quelque chose au fond de moi, une force, quelque chose qui me relèverait mais je ne peux plus rien faire. Je n’y arrive plus. Cette fois c’est la fin. Je ne bouge plus.
Quelqu’un arrive. Il me semble que quelqu’un arrive. Ce cauchemar va-t-il prendre fin. Vais-je vivre encore. J’entends quelqu’un qui arrive. Je ne vais plus être seule. Je peux enfin lâcher prise. Ma respiration va reprendre son rythme régulier. Je ne suis plus seule. Je vais aller bien. Tout va aller bien. On va venir me sauver. Quelqu’un arrive. Quelqu’un arrive. Maintenant je comprends tout. Je comprends cette nuit-là. Vendredi 18. Il fallait que ça sorte. Il fallait que tu sortes.